Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
DOSSIER N : 05/06198
No AFF 2006/40 Notification le : TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DU MANS LE JUGE DE L’EXÉCUTION JUGEMENT DU 16 FÉVRIER 2006 OUVERTURE d’une PROCÉDURE DE RÉTABLISSEMENT PERSONNEL DEMANDERESSE : Madame Claudine X…, 3 rue Pierre Levegh – 72700 ALLONNES née le 06 Juin 1961 à LE MANS (72000) comparante en personne. DÉFENDEURS : CAISSE D’ALLOCATIONS FAMILIALES, 178 avenue Bollée – 72034 LE MANS CEDEX 9 (Courrier du 9/1/2006) CONSEIL GÉNÉRAL DE LA SARTHE – F.S.L., 6 avenue Pierre Mendès France – 72072 LE MANS CEDEX 9 COFIDIS, 1 rue du Molinel – 59675 WASQUEHAL CEDEX (Courrier du 26/12/2005) REDEVANCE AUDIOVISUELLE – TRÉSORERIE GÉNÉRALE, 23 place des Comtes du Maine – 72055 LE MANS CEDEX (Courrier du 20/12/2005) FINAREF, B.P. 40 – 59202 TOURCOING CEDEX (Courrier du 9/1/2006) PAIEMENTS PASS, 1 place Copernic – 91051 EVRY CEDEX TRÉSORERIE LE MANS VILLE, 11 boulevard Lamartine – 72039 LE MANS CEDEX (Courrier du 6/1/2006) TRÉSORERIE 16 rue des Etats-Unis – 72540 LOUE (Courrier du 6/1/06) CRÉDIT AGRICOLE DE L’ANJOU ET DU MAINE, B.P. 426 – 49004 ANGERS FRANCE TÉLÉCOM CTX BRETAGNE, Cs 82829 – 29228 BREST CEDEX 2 Non comparants, ni représentés. COMPOSITION DU TRIBUNAL : PRÉSIDENT : Geneviève LE CALLENNEC, Juge de l’Exécution, GREFFIER :
Catherine PASQUIER, (adjoint administratif assermentée faisant fonction de greffier) DÉBATS :
A l’audience du 26 Janvier 2006, A l’issue de celle-ci, le Président a fait savoir aux parties que le jugement serait rendu à l’audience du 16 Février 2006. Jugement du 16 Février 2006 : – prononcé publiquement à cette audience par le Président, – en dernier ressort – réputé contradictoire – signé par le Président et le Greffier .
Claudine X… A saisi la Commission d’Examen des situations de Surendettement des Particuliers du Département de la SARTHE le 9 JUIN
2005.
La commission a, lors de sa séance du 31 Août 2005, déclaré cette demande recevable.
La commission a, lors de sa séance du 31 Août 2005, proposé l’orientation du dossier de Claudine X… vers une procédure de rétablissement personnel du fait de SA situation financière irrémédiablement compromise, caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en oeuvre les mesures de traitement telles que définies par les articles L.331.6, L.331.7 et L.331.7.1 du Code de la Consommation.
Elle fait valoir que : – Madame X… est sans profession ; – elle a demandé à bénéficier d’une procédure de rétablissement personnel ; – elle perçoit au titre de ses ressources le RMI ; – elle est dans le dispositif du surendettement depuis janvier 2003, après avoir bénéficié d’un plan de surendettement sur 24 mois.
Par courrier en date du 9 septembre 2005 parvenu le 9 septembre 2005 au secrétariat de la commission, Claudine X… a donné son accord pour la transmission de son dossier au Juge de l’exécution aux fins d’ouvrir une procédure de rétablissement personnel conformément aux dispositions de l’article R.331.10.1 du Code de la Consommation et a déclaré être informée que la procédure de rétablissement personnel était susceptible d’entraîner une décision de liquidation judiciaire au sens de l’article L.332.8 du Code de la Consommation. Elle a été reçue par la commission.
Par courrier parvenu le 19 septembre 2005 au greffe du Juge de l’exécution, la Commission d’Examen des Situations de Surendettement des Particuliers du Département de la Sarthe a saisi le Juge de l’exécution aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel.
Par courrier parvenu au greffe le 12 janvier 2006, FINAREF conteste
l’orientation du dossier vers une procédure de rétablissement personnel. Cette société précise que Madame X… a un enfant âgé de 20 ans de telle sorte que sa capacité de remboursement sera bientôt augmentée.
Elle indique également qu’au vu de l’âge et de la disponibilité de Madame X…, celle-ci peut tout mettre en oeuvre pour retrouver un emploi de telle sorte que sa situation n’est pas irrémédiablement compromise.
A l’audience du 26 Janvier 2006,Claudine X… précise qu’elle n’est titulaire d’aucun diplôme ; que son dernier emploi remonte en 2004 en tant que plongeuse dans un restaurant mais qu’elle a été licenciée par suite d’une réduction du personnel. Elle ajoute avoir rencontré des difficultés de santé en juin 2005. Elle précise que sa fille débute une formation pour une durée d’un an et qu’elle ne perçoit aucun revenu. Elle indique régler ses charges courantes.
Les autres créanciers contactés n’ont pas formulé d’observation particulière sur l’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel. MOTIFS DE LA DÉCISION
Selon les dispositions des articles L.330.1 et L.331.2 du Code de la Consommation, la commission de surendettement des particuliers a pour mission de traiter la situation de surendettement des personnes physiques, caractérisée par l’impossibilité manifeste pour le débiteur de bonne foi de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles, exigibles et à échoir ainsi qu’à l’engagement qu’il a donné de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société, dès lors qu’il n’a pas été, en droit ou en fait, dirigeant de celle-ci.
L’article L.330.1 du Code de la Consommation prévoit que, lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise, caractérisée par l’impossibilité manifeste de mettre en oeuvre des
mesures de traitement telles que prévues aux articles L.331.6, L.331.7 et L.331.7.1 du Code de la Consommation, il peut solliciter l’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel.
L’article L.331.3 du Code de la Consommation prévoit que, si l’instruction de la demande par la commission fait apparaître que le débiteur est dans une situation irrémédiablement compromise, la commission, après avoir obtenu l’accord du débiteur, saisi le Juge de l’exécution aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel.
Madame X… n’est titulaire d’aucun diplôme. Elle a des difficultés à trouver un travail. Ses ressources actuelles sont constituées des prestations familiales et du RMI. A l’audience, Madame X… a évoqué la possibilité de reprendre à court ou à moyen terme, celle-ci vit seule avec deux enfants qui sont encore à charge même si l’un est majeur.
Claudine X… ne possède aucun bien immobilier ou mobilier dont la vente permettrait de désintéresser en partie les créanciers. Il n’existe pas de capacité de remboursement.
Au vu des charges et des ressources de Claudine X…, il convient de considérer qu’ il existe bien une situation d’insolvabilité. Il ne peut être envisagé, dans un délai raisonnable, une amélioration de la situation de Claudine X… permettant de dégager une capacité financière afin d’apurer ses dettes.
Il existe donc bien une situation d’insolvabilité dont le caractère est irrémédiable.
Dans ces conditions, Claudine X… doit pouvoir bénéficier de la procédure de rétablissement personnel. PAR CES MOTIFS
Le JUGE de l’EXÉCUTION, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en dernier ressort ;
Prononce l’ouverture de la procédure de rétablissement personnel à
l’encontre de Claudine X…
Dit que le présent jugement entraîne la suspension des procédures d’exécution diligentées contre Claudine X… et portant sur les dettes autres qu’alimentaires.
Désigne L’U.D.A.F DE LA SARTHE, 67 boulevard Winston Churchill 72000 LE MANS en tant que mandataire aux fins de procéder aux mesures de publicité, notamment au BODACC, destinées à recenser les créanciers, de dresser un bilan de la situation économique et sociale de Claudine X…, de vérifier les créances et évaluer les éléments d’actif et de passif.
Rappelle qu’à compter du jugement prononçant l’ouverture de la procédure de rétablissement personnel, Claudine X… ne peut aliéner ses biens sans l’accord du mandataire.
Dit que les créanciers doivent déclarer leurs créances par lettre recommandée avec accusé de réception au mandataire ci-dessus désigné dans un délai de deux mois à compter de la publicité du jugement d’ouverture, conformément aux articles R.332.16 et R.332.17 du Code de la Consommation.
Dit que le mandataire doit rendre son bilan comprenant l’état des créances dans un délai de quatre mois à compter de sa désignation.
ORDONNE la notification de la présente décision par lettre recommandée avec accusé de réception aux débiteurs et aux créanciers et sa transmission par lettre simple au mandataire et au secrétariat de la commission.
Laisse les dépens à la charge du Trésor Public. LE GREFFIER. LE JUGE DE L’EXÉCUTION.